
Droit à la sexualité et à la reproduction
Une des principales problématiques liées à ce passage de l’enfance à l’âge adulte est la question de la sexualité. La maturation physique pendant la puberté rend l’adolescent conscient de sa sexualité et en même temps attribue au jeune un nouveau statut social, en particulier dans ses relations avec ses parents et ses pairs.
Cependant il existe une différence de perception de ce nouveau statut en fonction des contextes culturels et sociaux. De ce fait, la conception que chaque société a de l’adolescence influence la signification de la sexualité ainsi que la marge de décision reconnue aux jeunes par rapport à leur identité sexuelle et aux activités sexuelles autorisées. Et pourtant, la Convention internationale des Droits de l’Enfant de 1989 reconnait aux mineurs de 18 ans le statut d’être humain ayant leurs propres Droits de l’Homme. Lors de la conférence de l’ONU sur la Population et le Développement (Caire, 1994 et New York, 1998) ainsi que lors de la Quatrième conférence sur les Femmes en tant qu’êtres humains (Beijing, 1995), les jeunes ont été déclarés titulaires de droits à la sexualité et à la reproduction.
Consentement
La loi n’interdit pas les rapports sexuels mais elles ont pour limite le consentement de chacun et chacune des partenaires. La loi Sénégalaise punit tout acte contre nature.
L’âge légal du consentement au Sénégal
L’article 320 du Code pénal sénégalais définit le crime de « pédophilie » comme étant tout geste, attouchement, caresse, manipulation pornographique, utilisation d’images ou de sons par un procédé technique quelconque, à des fins sexuelles sur un enfant de moins de 16 ans, et établit une peine de 5 à 10 ans d’emprisonnement en cas de violation de cette disposition.
La loi criminalise en effet tous les rapports sexuels concernant un enfant de moins de 16 ans, y compris les baisers et les attouchements, qu’ils soient consensuels ou pas. Si en apparence cette disposition est prévue pour éviter que des adultes ne se livrent à des relations d’abus ou d’exploitation sexuels avec des enfants, elle s’applique (tout du moins en apparence) à un champ de relations bien plus large. La loi criminalise également les jeunes âgés de moins de 16 ans, qui entretiennent des relations physiquement romantiques ou sexuelles avec des jeunes de leur âge. Cette loi est importante non seulement dans son mode d’application, mais aussi en termes des normes éthico-juridiques qu’elle communique, et la manière dont elles sont perçues et interprétées par les jeunes, les professionnels des SSR et la société en général.
Donner son consentement dans la sexualité, par la parole, par des gestes, par son attitude, c’est donner volontairement et librement son accord de participer à une pratique sexuelle.
À toi de décider ce que tu souhaites faire avec ton corps. Que ce soit avec ton copain, ta copine, ou avec un(e) partenaire occasionnel(le), que vous ayez déjà couché ensemble ou pas.
Tu peux donner ton consentement ou le demander :
- avant le rapport sexuel ;
- alors que le rapport sexuel a déjà commencé ;
- pour une pratique en particulier (fellation, pénétration, cunni, …).
Des fois, on ne dit pas clairement non. Mais ne rien dire ne vaut pas consentement ! Chaque partenaire doit s’assurer d’obtenir le consentement de l’autre.
Selon la loi, une personne de moins de 18 ans n’est pas en mesure de donner son consentement éclairé à une personne majeure.
S’assurer du consentement de l’autre, donner le sien, c’est important. Cela signifie que tu respectes ton(ta) partenaire, ses envies, ses désirs.
Tu pourrais être accusé(e) d’agressions sexuelles si tu as des relations sexuelles sans consentement.
Les pratiques sexuelles sans consentement sont illégales au Sénégal. Les attouchements, l’exhibitionnisme, le harcèlement, la tentative de viol, le fait de faire regarder des cassettes ou des livres pornographique sans consentement, constituent des agressions sexuelles.
Notamment dans l’intimité d’une relation sexuelle et/ou amoureuse. On appréhende les réactions de l’autre, on peut craindre de vexer, de blesser, de décevoir, d’être mal vu(e) si on change d’avis, de passer pour un(e) coincé(e)….
Et puis communiquer pendant les relations sexuelles ou parler de sexe entre partenaires en dehors de ces moments, ce n’est pas évident… On ne nous apprend pas à le faire, on a peu de modèles sur qui prendre exemple : pas de livre sur le sujet. Dans les films, personne ne demande le consentement de l’autre pour une pratique sexuelle ou ne fait part à l’autre de ses envies et désirs… Si bien qu’on finirait par croire que parler casse l’ambiance !
Ça peut au contraire être amusant et te rendre plus à l’aise !
On ne devine pas tout d’un seul regard. Parler et vérifier le consentement de l’autre à chaque nouvelle étape d’une relation sexuelle et à chaque nouveau moment intime, ça peut au contraire être amusant et te rendre plus à l’aise !
C’est aussi intéressant dans le sens où ça peut te permettre de mieux connaître ton ou ta partenaire (même si vous êtes ensemble depuis 5 ans, il y a encore des choses à découvrir) et c’est surtout respectueux !
C’est également respectueux de soi-même : c’est important de ne pas se forcer à faire quelque chose qu’on n’a pas envie de faire, de se centrer sur ses désirs et pas uniquement sur ceux de l’autre. Et rappelle-toi, on a le droit d’hésiter et de changer d’avis dans la vie, y compris dans la sexualité ! N’hésite pas à faire part à l’autre de tes besoins et de tes envies !
